Serious Game, m-learning ou encore réalité virtuelle : tous ces outils participent à la digitalisation de la formation des conducteurs...

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Coûts élevés, manque de temps ou de flexibilité : la formation des conducteurs routiers se heurte à de nombreux défis. Par leur polyvalence et leurs multiples visages, les outils digitaux tentent de réinventer les pratiques.

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Comme beaucoup de secteurs, le transport doit faire face à de nombreuses contraintes en matière de formation professionnelle. Depuis peu, les supports numériques offrent de nouvelles possibilités aux gestionnaires de flotte et aux formateurs. L’occasion de se pencher sur ces outils digitaux qui participent au renouvellement de la formation des conducteurs routiers.

La formation des conducteurs face à ses contraintes

Plus de 40 formations différentes proposées aux candidats

En matière de formations de conducteurs routiers, les candidats ont l’embarras du choix. À titre d’exemple, l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) leur propose près de 40 formations différentes pour obtenir un premier diplôme, se perfectionner ou encore se conformer à la réglementation.
Ainsi, au-delà de la formation type de conducteur, il existe de multiples formations initiales et autres formations complémentaires. Toutes ces possibilités compliquent à la fois le choix de formation des candidats et le recrutement pour les gestionnaires de flottes.

Un coût de formation qui varie entre 500 et 2 000 € selon les pays

Si le coût pour obtenir le permis B peut varier du tout au tout en France, c’est aussi le cas en ce qui concerne les permis poids lourd. Disparités géographiques, manque de transparence des prix, différences de qualité d’enseignement… autant d’éléments qui justifient les écarts pratiqués. Les différences de prix sont encore plus marquées à l’échelle européenne : le permis C coûtera 470 € en Pologne contre 2 000 € pour l’Allemagne et la France par exemple (voir infographie). Cependant, qu’il ait coûté 470 ou 2 000 €, le permis aura la même valeur partout en Europe et sera reconnu de la même façon.

Le coût du permis C en Europe : des conditions très variables d’un pays à l’autre, crédit : Michelin.

Le coût du permis C en Europe : des conditions très variables d’un pays à l’autre, crédit : Michelin.

Des formations pouvant atteindre 400 heures avec moins de 10 % d’enseignement pratique

Si la formation initiale pour le transport de marchandises est de 140 heures, elle peut atteindre près de 400 heures pour certaines formations qualifiantes ou diplômantes. Étant chronophage, à la fois pour le conducteur et pour l’entreprise, la formation se doit d’être optimisée afin de faire gagner du temps à ses protagonistes.

Autre élément : le temps consacré à la formation théorique est généralement trop important et se fait au détriment de la pratique. À titre d’exemple, la formation visant à obtenir le titre professionnel de conducteur transport routier de marchandises sur porteur dure environ 385 heures au total. Or, sur ces 385 heures, seulement 32 sont dédiées à la pratique. C’est le cas dans la plupart des organismes de formation, à l’image d’Aftral par exemple.
Si l’Europe diffère sur les prix, elle s’harmonise toutefois sur la réglementation. En effet, les transporteurs de marchandises et de voyageurs ont l’obligation de suivre une formation tous les 5 ans.

Un secteur qui a besoin de plus de 16 000 nouveaux conducteurs

Le secteur du transport routier français est également confronté à une grave pénurie de conducteurs. La plupart des fédérations patronales, l’Union TFL (Union des Entreprises Transport et Logistique de France) et la FNTR (Fédération Nationale des Transports Routiers) en tête, accusent un manque de moyens humains. Selon ces organismes, il y aurait plus de 20 000 postes à pourvoir dans l’immédiat, dont près de 16 650 postes de conducteur. Cela représente environ 5 % de la totalité des emplois du secteur en France. Ce manque de candidats s’explique par différents motifs : une reprise de l’activité depuis plusieurs mois, une réglementation plus encadrante, un métier peu valorisé et l’arrêt du service militaire qui permettait de passer le permis poids lourd.

La formation est aussi pointée du doigt. À cause de son coût, de sa durée et de sa complexité, les éventuels candidats préfèrent utiliser leur permis B plutôt que d’entamer une longue formation. Preuve de l’absence de renouvellement des transporteurs, l’âge moyen des conducteurs en activité est aujourd’hui supérieur à 50 ans en France. Avec les prochains départs à la retraite, l’urgence de recrutement se fait plus que jamais ressentir.
Un constat qui se vérifie également à l’échelle européenne. Les conducteurs étrangers, qui étaient nombreux à travailler en France, retournent aujourd’hui progressivement dans leur pays d’origine, notamment car leur économie locale est à la hausse. Mais ce n’est pas la seule raison. Beaucoup de pays européens, l’Angleterre en tête, sont aussi confrontés au problème des départs à la retraite et au faible renouvellement des transporteurs. D’où l’obligation de rapatrier des conducteurs pour son marché local. Conséquences ? À défaut de “pouvoir recruter, certaines entreprises sont obligées de refuser des marchés” comme le souligne Florence Berthelot, la déléguée générale de la FNTR. Réponses non compétitives à des appels d’offre, sélection des clients, réduction de la zone d’intervention, diminution du chiffre d’affaires… autant de conséquences économiques auxquelles les acteurs du transport pourront être confrontés à plus ou moins long terme.



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En France, le secteur se mobilise pour favoriser le recrutement

Pour remédier à ce manque de candidats, plusieurs organismes français ont lancé TREMPLIN (Transport Routier EMPLoi INnovation), une opération d’envergure visant à simplifier les recrutements de conducteurs et autres acteurs du transport.

Débutée en septembre 2017, cette campagne vise à pourvoir 22 363 postes au total. Bien que l’initiative soit positive, elle sera certainement confrontée aux mêmes problèmes que rencontre la formation des conducteurs routiers actuellement : un coût élevé, un manque de pratique, un temps d’apprentissage long ou encore un défaut de souplesse dans la formation.



La formation des conducteurs se réinvente grâce au digital

Afin de faire face aux contraintes, la formation des conducteurs professionnels se réinvente. Davantage personnalisée, moins onéreuse, plus adaptative et polyvalente : la formation digitale emporte tous les suffrages auprès des candidats, des formateurs et des entreprises.

La formation digitale, un outil au service des conducteurs et des entreprises

En utilisant les nouvelles technologies dans le processus d’apprentissage, la formation digitale répond plus efficacement aux attentes des candidats et des gestionnaires de flotte, et ce, sous différents aspects.
Ce type de formation peut-être réalisé à distance et à n’importe quel moment. La formation digitale offre ainsi une plus grande flexibilité. La digitalisation permet aussi de répondre spécifiquement aux besoins des candidats. Au contraire d’un apprentissage de masse, chaque candidat peut profiter d’un enseignement sur mesure. Cet ajustement au plus près des besoins du conducteur formé offre l’avantage de réduire considérablement le temps de formation. Enfin, que ce soit pour une formation initiale ou continue, les outils digitaux sont plus en adéquation avec les enjeux des professionnels. Ils permettent de mieux progresser en un temps d’immobilisation plus faible, tout en offrant à chaque entreprise la possibilité de profiter d’une formation spécifique.

Exemple d’un simulateur de conduite poids lourd du Groupe EDISER (http://www.simucar.com/) :

Réalité virtuelle, COOC, applications mobiles… la formation digitale affiche de nombreux visages

La formation digitale prend de multiples formes. Chaque candidat peut ainsi adapter son type de formation à ses possibilités et ses besoins.

    • L’e-learning : il s’agit de la méthode la plus classique de formation digitale à distance. Qu’elle soit sous forme de formation en ligne, de téléformation ou encore de consultation d’un site web éducatif, elle assure une formation autonome. L’e-learning est d’ailleurs largement employé par les chauffeurs VTC qui doivent, depuis 2013, suivre une formation continue tous les 5 ans.
    • Le m-learning : contrairement à l’e-learning, cet outil d’apprentissage ne vise pas à se former et à se perfectionner sur une thématique au sens large du thème. Le m-learning permet simplement d’avoir accès à une information bien spécifique au moment où l’on en a besoin. Il s’agit en quelque sorte d’une FAQ (Foire à questions) qui permet de mieux faire son travail au quotidien. Accessible depuis un smartphone ou une tablette, cet outil pédagogique a notamment été choisi par Lyreco pour accompagner ses 400 chauffeurs-livreurs.
    • Le blended learning : c’est l’une des méthodes de formation qui progresse le plus actuellement (+ 9 % en 2016 selon Cegos, un spécialiste de la formation professionnelle continue). Consistant à mêler apprentissage classique et formation numérique, elle offre l’avantage d’optimiser l’efficacité pédagogique. Un mix de e-learning et de formation en présentiel qui séduit particulièrement le monde automobile, où le transfert de compétences nécessite de la pratique.
    • La réalité virtuelle : certains acteurs du transport, comme UPS, ont fait le choix d’utiliser les casques VR (pour Virtual Reality) afin de former leurs conducteurs. On peut aussi prendre l’exemple de groupements de transporteurs, comme FLO, qui mettent à disposition de leurs membres un simulateur de conduite avec plateforme mouvante, écrans immersifs et cabine de conduite. Le tout est placé dans une semi-remorque facilitant les déplacements entre les entreprises. Le résultat est plus vrai que nature et plonge le conducteur dans les conditions réelles de conduite. L’objectif ? Confronter l’élève à des situations inhabituelles, impossibles à recréer dans la réalité, afin d’améliorer ses performances (cf. photo de Une, crédit : Consoptima.com).

     

    Loin de remplacer les formations classiques, les outils digitaux permettent de compléter, voire d’optimiser la formation des conducteurs, crédit : UPS.

    Loin de remplacer les formations classiques, les outils digitaux permettent de compléter, voire d’optimiser la formation des conducteurs, crédit : UPS.

    • Les MOOC (pour Massive Online Open Courses) : il s’agit de cours en ligne ouverts à tous, sans niveau de compétences ou frais d’inscription requis. Généralement, ils prennent la forme de cours vidéo (en direct ou en différé) et sont associés à un examen de connaissances en fin de session ou d’année.
    • Les COOC (Corporate Online Open Course) : tout comme les MOOC, il s’agit de cours en ligne. La différence réside dans le fait qu’ils sont spécialement réalisés par une entreprise afin de former ses salariés. Un support utile, notamment pour les gestionnaires de flotte afin de présenter de nouvelles directives internes. Arval, une entreprise spécialisée dans la location de flottes de véhicules aux entreprises, proposait d’ailleurs dès 2015 le tout premier COOC consacré à la gestion d’un parc automobile en LLD (location longue durée).
    • Les Serious Game : aussi appelé ” jeux sérieux “, ce type de formation consiste à utiliser une application numérique (réalité virtuelle, simulateur, immersion 3D, etc.) afin d’entraîner des candidats à une situation bien réelle. Notons d’ailleurs une différence avec la “gamification” : la gamification utilise des éléments de l’univers du jeu afin de rendre un programme de formation existant plus intéressant et engageant. Le Serious Game, quant à lui, est une formation qui prend totalement la forme d’un jeu ou d’une simulation. Pour illustrer ce principe, on peut prendre l’exemple d’un jeu de course sur simulateur qui, malgré son aspect ludique, permet au conducteur de se former.

     

    MyTraining, un outil Michelin solutions pour renouveler la formation des conducteurs

    INFORMATION CLÉFormation des conducteurs : de nouvelles formes d’apprentissage grâce aux outils numériques

    Utiliser une application mobile pour former ses équipes est devenu une réalité pour de nombreux acteurs du secteur automobile. Mais que ce soit Lyreco pour ses conducteurs ou Norauto pour ses techniciens et vendeurs, le m-learning peut avoir un inconvénient majeur : celui de laisser le candidat seul face à son écran de smartphone ou de tablette.

    C’est notamment pour remédier à ce problème que Michelin solutions a développé un nouvel outil dédié à la formation des conducteurs routiers : MyTraining. Cette application est pilotée par un formateur durant un examen ou un entraînement en temps réel avec un conducteur. Elle propose différents objectifs de formation et détermine s’ils sont remplis par le candidat. Une fois le trajet terminé, il est possible de revenir sur les actions réussies ou manquées sur l’ensemble du parcours.


    Tester la solution MyTraining App de Michelin solutions :
    > Télécharger sur Google Play
    > Télécharger sur App Store


     

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